Dans cette mise en scène d’Horace de Pierre Corneille, signée Michel Belletante pour le Théâtre de Vienne, le travail vidéo invente une écriture visuelle qui entre en résonance avec la tension dramatique du texte classique. Les images projetées ne se contentent pas de décorer : elles prolongent l’espace scénique, épousent les corps comme une matière vivante et mouvante, oscillant entre abstraction, architectures de lumière et présence presque organique.
L’idée, ici, est de faire vibrer les thèmes du conflit, de l’honneur et de la violence intérieure à travers un dispositif à la fois sobre et sensible. Les projections transforment peu à peu le plateau, creusent des profondeurs, ouvrent des fractures, dessinent des paysages intérieurs qui collent au rythme du jeu et à la dramaturgie de la mise en scène.
Avec la scénographe, on partageait une même envie : faire de l’image un outil capable de métamorphoser la scénographie en direct. La vidéo n’était pas là pour habiller le décor, mais pour en bouger les perceptions, les volumes, les matières – pour accompagner les glissements émotionnels et dramatiques du texte. Résultat : l’espace scénique devenait fluide, changeant d’état au fil des tensions et des affrontements.
En jouant sur les échanges entre obscurité, lumière et image, le dispositif construit une scénographie visuelle où la vidéo devient un véritable partenaire de jeu. Le projet explore ainsi la rencontre entre théâtre classique et langage numérique contemporain, cherchant un équilibre entre matière scénique, présence des acteurs et regard du spectateur.