Création vidéo et numérique pour la Compagnie Mangano Massip.
Dans Alice in the Wonderbox, la vidéo ne se contente pas d’habiller la scène : elle devient une matière vivante, au même titre que le mime ou le corps en mouvement. Les images projetées, les jeux de lumière et les dispositifs numériques prolongent l’univers du spectacle en brouillant les repères, en faisant surgir des apparitions soudaines, en transformant l’espace sous nos yeux.
L’idée, ici, c’est de trouver un équilibre fragile entre poésie visuelle, rythme du plateau et présence des comédiens. Les projections ne sont pas là pour en mettre plein la vue : elles dialoguent avec la lumière, les gestes et la scénographie, pour tisser un monde où l’on plonge – un monde à la Alice, fait d’illusions, de jeu physique et de réalité qui vacille.
Pour y parvenir, on a utilisé une Kinect, qui permet de capter et de suivre les corps en temps réel. Résultat : certaines projections n’apparaissent que sur les comédiens, comme une seconde peau qui bouge avec eux, une extension du geste qui épouse leurs déplacements sans jamais saturer l’espace. Ça renforce cette impression d’éphémère, de métamorphose, d’instabilité – tout ce qui fait le sel de l’univers du spectacle.
Au fond, ce travail interroge une question plus large : comment faire de la vidéo un vrai partenaire de jeu sur scène ? Comment lui donner le pouvoir de transformer les volumes, d’accompagner la danse et l’émotion, sans jamais écraser les corps ni les présences ?